.
Je déteste les réunions familiales.Je déteste la
Familie en elle-meme.
Je déteste les jeux de sociétés; jeux de circonstance, noyés de rires gras.
Jeux de hasards. Agacant.
L'ambiance de miel déguisée m'écoeure, me fou la gerbe.
Ce n'est pas que mon associabilité soit à toute épreuve, c'est que les cadavres, les secrets, et les déceptions familiales font remonter à ma gorge la bile noire.
L'air m'étouffe, cette odeur de vieux à moitiés morts, de vinasse qui macère, de couches sales et de vieilles habitudes deplacées. De parfums assomants, qui tentent de masquer ces relents.
Mon sang de leurs sangs, ma chair de les leurs.
La Nausée.Je sors. La Nature à perte de vue autour de moi, collines, vallées, montagnes et ce ciel somptueux qui embrasse la Terre. Je m'apaise, j'inspire.
Si il y a bien une chose que je dois de bénéfique au tabac c'est de m'avoir poussé à connaitre et sentir l'aspiration passer dans ma gorge, dans chaques parcelles de mes poumons.
Mes yeux se posent sur les croix encerclées. Je souris presque malgré moi, si tu avais été là la visite ne m'aurais pas été épargnée.
Les herbes hautes m'entourent, m'encerclent. J'imagine ressentir ce que tu ressens en Hautes-Pyrénées; au bord du ciel, La nature mère te berçant sur son sein.
Son horizon sarrête aux tombes,
me suis-je entendu murmurer, La Nature est mon domaine.
L'Amour, cette chose sans nom, cet état sans pareil, me semblait alors maître de tout mouvement, toute chose. Moi j'attend d'ouvrir les yeux, là, allongée comme je le suis dans les herbes folles. De voir ce visage si charmant au dessus de moi, de sentir mon coeur me quitter et deviner que maintenant,
ici,
lui,
moi,
Nous.
J'attend encore l'amour. D'être envahie de cette délicieuse révélation.
Enfaite, je n'attend rien de tout cela, pas de perfection devant mes yeux.
Ce que j'ai tant attendu, et ce que je veux, je connais déjà ses traits et les ténèbres hystériques de ses caprices.
Et sa présence me manque.